{"id":6717,"date":"2019-10-23T11:03:57","date_gmt":"2019-10-23T11:03:57","guid":{"rendered":"https:\/\/urbanai.fr\/6336\/"},"modified":"2021-03-01T19:55:05","modified_gmt":"2021-03-01T19:55:05","slug":"6336","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/6336\/","title":{"rendered":"Vivrons-nous dans des villes invisibles ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les villes d\u2019Italo Calvino<\/strong><\/p>\n<p>Dans <em>Les villes invisibles<\/em> (1972, Italo Calvino), l\u2019Empereur Kublai Khan demande \u00e0 Marco Polo d\u2019explorer son vaste royaume et de lui rapporter ce qu\u2019il s\u2019y passe. A la grande surprise du r\u00e9gent, l\u2019explorateur ne revient pas de ses voyages avec des armes, des \u00e9pices ou des reliques mais charg\u00e9 des mots, de r\u00eaves et de d\u00e9sir. Au d\u00e9part, la d\u00e9ception de l\u2019Empereur est immense&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les autres ambassadeurs m\u2019informent de famines, de concussion, de complots ou bien ils me signalent des mines de turquoises nouvellement d\u00e9couvertes [\u2026] Et toi&nbsp;? demanda le Grand Khan \u00e0 Polo. Tu reviens de pays autrement lointains, et tout ce que tu sais me dire ce sont les pens\u00e9es qui viennent \u00e0 celui qui prend le frais le soir assis sur le seuil de sa maison. A quoi te sert, alors, de tellement voyager&nbsp;?&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Le livre d\u2019Italo Calvino se veut une r\u00e9ponse \u00e0 cette question. A mesure que Kublai Khan (et par la m\u00eame occasion le lecteur) \u00e9coute l\u2019explorateur, il d\u00e9couvre un nouveau monde. Le sien pour \u00eatre exact. Mieux que n\u2019importe quel autre ambassadeur, Marco Polo r\u00e9v\u00e8le \u00e0 son empereur ce qu\u2019<em>est<\/em> son royaume. A partir d\u2019un d\u00e9tail (un p\u00e9cheur, un moulin, une rue\u2026) l\u2019explorateur d\u00e9ploie une ontologie des villes. On pourrait dire qu\u2019il capte leur atmosph\u00e8re, leur idiosyncrasie. Autrement dit, Marco Polo ram\u00e8ne de ses exp\u00e9ditions des \u00ab&nbsp;villes invisibles&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Les villes saines<\/strong><\/p>\n<p>Depuis pr\u00e8s de 3 mois, je parcours le monde des IA urbaines. Pendant ces 3 mois, j\u2019ai d\u00e9couvert des innovations qui vont transformer nos villes&nbsp;: mobilit\u00e9 autonome, smart grids, <em>parametric architecture<\/em>, drones de livraison, publicit\u00e9 urbaine micro-cibl\u00e9e, pr\u00e9diction de catastrophes naturelles, \u2026<\/p>\n<p>Bien souvent, ces IA urbaines ont un seul et m\u00eame objectif&nbsp;: l\u2019optimisation. Optimisation des flux&nbsp;(fluidification du trafic routier, meilleure r\u00e9partition des ressources, gestion intelligente des ports,&nbsp;\u2026) et des stocks (taux d\u2019occupation des b\u00e2timents r\u00e9sidentiels\/bureaux de 100%, maintenance pr\u00e9dictive sur infrastructures\u2026). Cette optimisation a vocation \u00e0 cr\u00e9er des \u00ab&nbsp;villes en bonne sant\u00e9&nbsp;\u00bb (la ville est souvent compar\u00e9e \u00e0 un organisme vivant). Le chirurgien Ren\u00e9 Leriche disait que \u00ab&nbsp;la sant\u00e9 c\u2019est la vie dans le silence des organes&nbsp;\u00bb. La ville saine est donc une ville silencieuse, fluide, propre, inodore&#8230; Il est int\u00e9ressant de constater que chacune de ces caract\u00e9ristiques peuvent \u00eatre mesur\u00e9es et analys\u00e9es par des IA. Le projet <a href=\"https:\/\/wp.nyu.edu\/sonyc\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Sounds of New York<\/a> (SONYC) a ainsi vocation \u00e0 d\u00e9terminer l\u2019empreinte acoustique de la ville ainsi que l\u2019origine de ses nuisances sonores. Il ne s\u2019agit donc pas de simplement produire une \u00ab\u00a0heatmap\u00a0\u00bb mais bien de sourcer automatiquement la provenance d\u2019un bruit (c\u2019est ici que l\u2019IA intervient). Dans cette m\u00eame logique, les villes ont de plus en plus recours \u00e0 des IA pour estimer leur taux de propret\u00e9, mesurer en temps r\u00e9el la qualit\u00e9 de l\u2019air, l\u2019\u00e9tat du trafic, etc. Progressivement, la ville disparait derri\u00e8re un nuage de donn\u00e9es. Que ce soit du c\u00f4t\u00e9 des usagers comme de celui des d\u00e9cideurs, <em>la ville devient invisible<\/em>.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, l\u2019invisible ne renvoie \u00e9videmment pas aux villes d\u2019Italo Calvino. Alors que chez l\u2019\u00e9crivain italien la ville prend support sur la mati\u00e8re pour exprimer un imaginaire (voire une v\u00e9rit\u00e9), la&nbsp;ville saine est invisible car d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9e, muette, \u00ab&nbsp;fluidifi\u00e9e&nbsp;\u00bb (Paul Blanquart, <em>Une histoire des villes<\/em>). La ville saine r\u00e9pond logiquement \u00e0 l\u2019injonction des physiocrates&nbsp;: \u00ab&nbsp;laissez passer, laissez faire&nbsp;\u00bb. <a href=\"https:\/\/theconversation.com\/de-la-nature-en-ville-conversation-entre-une-philosophe-et-un-architecte-110370\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">C\u2019est cette m\u00eame injonction qui a conduit, en 1747, \u00e0 la cr\u00e9ation de l\u2019Ecole nationale des Ponts et Chauss\u00e9es<\/a>. Par ce geste, Daniel-Charles Trudaine (son fondateur) signifiait sa volont\u00e9 de distinguer le beau de l\u2019utile. Il y a de cela trois si\u00e8cles, l\u2019opposition entre les villes de Calvino et les&nbsp;villes saines prenait (d\u00e9j\u00e0) forme. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 la mati\u00e8re est sublim\u00e9e, de l\u2019autre elle est d\u00e9laiss\u00e9e ou exploit\u00e9e.<\/p>\n<p>Mais ne s\u2019agit-il pas l\u00e0 d\u2019une opposition superficielle&nbsp;? Apr\u00e8s tout, la&nbsp;\u00ab&nbsp;ville saine&nbsp;\u00bb propose une vie heureuse dans une soci\u00e9t\u00e9 apais\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Les villes invisibles<\/strong><\/p>\n<p>On pourrait d\u2019abord reprocher \u00e0 l\u2019IA de cr\u00e9er des \u00ab&nbsp;villes fragiles&nbsp;\u00bb (critique d\u00e9velopp\u00e9e par Gaspard Koenig dans <a href=\"\/?p=5651&amp;lang=fr\"><em>La fin de l\u2019individu<\/em><\/a>). La ville saine serait vuln\u00e9rable pr\u00e9cis\u00e9ment du fait de son hyper-sant\u00e9. La moindre d\u00e9faillance entrainerait ainsi la paralysie du syst\u00e8me&nbsp;: dans un monde de voitures autonomes, l\u2019arret d\u2019un feu de circulation dynamique arr\u00eaterait toute la circulation (l\u00e0 ou un humain aurait ais\u00e9ment contourn\u00e9 le probl\u00e8me en s\u2019adaptant). En r\u00e9alit\u00e9, cette critique pr\u00e9sente deux d\u00e9fauts : 1) Des IA sont de plus en plus utilis\u00e9es pour optimiser la gestion d\u2019\u00e9v\u00e8nements rares (par exemple avec le programme <a href=\"https:\/\/www.lta.gov.sg\/apps\/news\/page.aspx?c=2&amp;id=407a5053-0345-40f5-8d64-51fb31bfb2a0\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">FASTER d\u2019IBM \u00e0 Singapour<\/a> ou encore avec l\u2019utilisation de <a href=\"https:\/\/dl.acm.org\/citation.cfm?id=1772777\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Web Mining pour lutter contre des tremblements de terre \u00e0 Tokyo<\/a>). 2) L\u2019incapacit\u00e9 de l\u2019IA \u00e0 envisager des situations in\u00e9dites pourrait \u00eatre r\u00e9duite en <a href=\"\/?p=5957\">cr\u00e9ant des algorithmes (l\u00e9g\u00e8rement) d\u00e9viants<\/a> et ainsi capables de produire de l\u2019inattendue.<\/p>\n<p>Pour autant, un probl\u00e8me demeure avec ces villes saines&nbsp;: elles n\u00e9gligent notre humanit\u00e9. Certes les villes sont (de plus en plus) notre environnement de vie, mais elles ne sont pas que \u00e7a. Les villes sont aussi un lieu de rencontre, d\u2019\u00e9tonnement et de beaut\u00e9. L\u00e0 est tout l\u2019enseignement d\u2019Italo Calvino&nbsp;: elles sont les d\u00e9positaires de notre histoire et de notre singularit\u00e9. Plus tard, <a href=\"\/?p=5949\">Saskia Sassen reprendra cette id\u00e9e en affirmant<\/a> que les villes <em>nous disent quelque chose<\/em>, qu\u2019elles portent t\u00e9moignage. En ce sens, la ville silencieuse est une \u00ab\u00a0terre morte\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9al urbain n\u2019est donc pas la fourmili\u00e8re, la ruche ou m\u00eame le corps humain. Ne serait-ce que parce que ces analogies pr\u00e9supposent que nous soyons des fourmis, des abeilles ou des vaisseaux sanguins\u2026 Nos villes doivent \u00eatre vivantes <em>et<\/em> invisibles (au sens de Calvino), optimis\u00e9es <em>et<\/em> po\u00e9tiques. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 il en va de notre survie, de l\u2019autre de notre humanit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>La po\u00e9tique des villes<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-6330\" src=\"https:\/\/urban-ai.co\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/voiture-s\u00e9oul-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\"> Voiture stylis\u00e9e sur un parking \u00e0 S\u00e9oul<\/p>\n<div style=\"width: 640px;\" class=\"wp-video\"><video class=\"wp-video-shortcode\" id=\"video-6717-1\" width=\"640\" height=\"1139\" preload=\"metadata\" controls=\"controls\"><source type=\"video\/mp4\" src=\"https:\/\/urban-ai.co\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Spectacle-San-Francisco.mp4?_=1\" \/><a href=\"https:\/\/urban-ai.co\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Spectacle-San-Francisco.mp4\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">https:\/\/urban-ai.co\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Spectacle-San-Francisco.mp4<\/a><\/video><\/div>\n<p>Spectacle musicale dans les rues de San Francisco<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-6332\" src=\"https:\/\/urban-ai.co\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/street-art-Montr\u00e9al-138x300.png\" alt=\"\" width=\"138\" height=\"300\"> Street Art \u00e0 Montr\u00e9al<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les villes d\u2019Italo Calvino Dans Les villes invisibles (1972, Italo Calvino), l\u2019Empereur Kublai Khan demande \u00e0 Marco Polo d\u2019explorer son vaste royaume et de lui rapporter ce qu\u2019il s\u2019y passe. A la grande surprise du r\u00e9gent, l\u2019explorateur ne revient pas de ses voyages avec des armes, des \u00e9pices ou des reliques mais charg\u00e9 des mots, de r\u00eaves et de d\u00e9sir. Au d\u00e9part, la d\u00e9ception de l\u2019Empereur est immense&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les autres ambassadeurs m\u2019informent de famines, de concussion, de complots ou bien ils me signalent des mines de turquoises nouvellement d\u00e9couvertes [\u2026] Et toi&nbsp;? demanda le Grand Khan \u00e0 Polo. Tu reviens de pays autrement lointains, et tout ce que tu sais me dire ce sont les pens\u00e9es qui viennent \u00e0 celui qui prend le frais le soir assis sur le seuil de sa maison. A quoi te sert, alors, de tellement voyager&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Le livre d\u2019Italo Calvino se veut une r\u00e9ponse \u00e0 cette question. A mesure que Kublai Khan (et par la m\u00eame occasion le lecteur) \u00e9coute l\u2019explorateur, il d\u00e9couvre un nouveau monde. Le sien pour \u00eatre exact. Mieux que n\u2019importe quel autre ambassadeur, Marco Polo r\u00e9v\u00e8le \u00e0 son empereur ce qu\u2019est son royaume. A partir d\u2019un d\u00e9tail (un p\u00e9cheur, un moulin, une rue\u2026) l\u2019explorateur d\u00e9ploie une ontologie des villes. On pourrait dire qu\u2019il capte leur atmosph\u00e8re, leur idiosyncrasie. Autrement dit, Marco Polo ram\u00e8ne de ses exp\u00e9ditions des \u00ab&nbsp;villes invisibles&nbsp;\u00bb. Les villes saines Depuis pr\u00e8s de 3 mois, je parcours le monde des IA urbaines. Pendant ces 3 mois, j\u2019ai d\u00e9couvert des innovations qui vont transformer nos villes&nbsp;: mobilit\u00e9 autonome, smart grids, parametric architecture, drones de livraison, publicit\u00e9 urbaine micro-cibl\u00e9e, pr\u00e9diction de catastrophes naturelles, \u2026 Bien souvent, ces IA urbaines ont un seul et m\u00eame objectif&nbsp;: l\u2019optimisation. Optimisation des flux&nbsp;(fluidification du trafic routier, meilleure r\u00e9partition des ressources, gestion intelligente des ports,&nbsp;\u2026) et des stocks (taux d\u2019occupation des b\u00e2timents r\u00e9sidentiels\/bureaux de 100%, maintenance pr\u00e9dictive sur infrastructures\u2026). Cette optimisation a vocation \u00e0 cr\u00e9er des \u00ab&nbsp;villes en bonne sant\u00e9&nbsp;\u00bb (la ville est souvent compar\u00e9e \u00e0 un organisme vivant). Le chirurgien Ren\u00e9 Leriche disait que \u00ab&nbsp;la sant\u00e9 c\u2019est la vie dans le silence des organes&nbsp;\u00bb. La ville saine est donc une ville silencieuse, fluide, propre, inodore&#8230; Il est int\u00e9ressant de constater que chacune de ces caract\u00e9ristiques peuvent \u00eatre mesur\u00e9es et analys\u00e9es par des IA. Le projet Sounds of New York (SONYC) a ainsi vocation \u00e0 d\u00e9terminer l\u2019empreinte acoustique de la ville ainsi que l\u2019origine de ses nuisances sonores. Il ne s\u2019agit donc pas de simplement produire une \u00ab\u00a0heatmap\u00a0\u00bb mais bien de sourcer automatiquement la provenance d\u2019un bruit (c\u2019est ici que l\u2019IA intervient). Dans cette m\u00eame logique, les villes ont de plus en plus recours \u00e0 des IA pour estimer leur taux de propret\u00e9, mesurer en temps r\u00e9el la qualit\u00e9 de l\u2019air, l\u2019\u00e9tat du trafic, etc. Progressivement, la ville disparait derri\u00e8re un nuage de donn\u00e9es. Que ce soit du c\u00f4t\u00e9 des usagers comme de celui des d\u00e9cideurs, la ville devient invisible. Dans ce contexte, l\u2019invisible ne renvoie \u00e9videmment pas aux villes d\u2019Italo Calvino. Alors que chez l\u2019\u00e9crivain italien la ville prend support sur la mati\u00e8re pour exprimer un imaginaire (voire une v\u00e9rit\u00e9), la&nbsp;ville saine est invisible car d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9e, muette, \u00ab&nbsp;fluidifi\u00e9e&nbsp;\u00bb (Paul Blanquart, Une histoire des villes). La ville saine r\u00e9pond logiquement \u00e0 l\u2019injonction des physiocrates&nbsp;: \u00ab&nbsp;laissez passer, laissez faire&nbsp;\u00bb. C\u2019est cette m\u00eame injonction qui a conduit, en 1747, \u00e0 la cr\u00e9ation de l\u2019Ecole nationale des Ponts et Chauss\u00e9es. Par ce geste, Daniel-Charles Trudaine (son fondateur) signifiait sa volont\u00e9 de distinguer le beau de l\u2019utile. Il y a de cela trois si\u00e8cles, l\u2019opposition entre les villes de Calvino et les&nbsp;villes saines prenait (d\u00e9j\u00e0) forme. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 la mati\u00e8re est sublim\u00e9e, de l\u2019autre elle est d\u00e9laiss\u00e9e ou exploit\u00e9e. Mais ne s\u2019agit-il pas l\u00e0 d\u2019une opposition superficielle&nbsp;? Apr\u00e8s tout, la&nbsp;\u00ab&nbsp;ville saine&nbsp;\u00bb propose une vie heureuse dans une soci\u00e9t\u00e9 apais\u00e9e. 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En r\u00e9alit\u00e9, cette critique pr\u00e9sente deux d\u00e9fauts : 1) Des IA sont de plus en plus utilis\u00e9es pour optimiser la gestion d\u2019\u00e9v\u00e8nements rares (par exemple avec le programme FASTER d\u2019IBM \u00e0 Singapour ou encore avec l\u2019utilisation de Web Mining pour lutter contre des tremblements de terre \u00e0 Tokyo). 2) L\u2019incapacit\u00e9 de l\u2019IA \u00e0 envisager des situations in\u00e9dites pourrait \u00eatre r\u00e9duite en cr\u00e9ant des algorithmes (l\u00e9g\u00e8rement) d\u00e9viants et ainsi capables de produire de l\u2019inattendue. Pour autant, un probl\u00e8me demeure avec ces villes saines&nbsp;: elles n\u00e9gligent notre humanit\u00e9. Certes les villes sont (de plus en plus) notre environnement de vie, mais elles ne sont pas que \u00e7a. Les villes sont aussi un lieu de rencontre, d\u2019\u00e9tonnement et de beaut\u00e9. L\u00e0 est tout l\u2019enseignement d\u2019Italo Calvino&nbsp;: elles sont les d\u00e9positaires de notre histoire et de notre singularit\u00e9. Plus tard, Saskia Sassen reprendra cette id\u00e9e en affirmant que les villes nous disent quelque chose, qu\u2019elles portent t\u00e9moignage. En ce sens, la ville silencieuse est une \u00ab\u00a0terre morte\u00a0\u00bb. L\u2019id\u00e9al urbain n\u2019est donc pas la fourmili\u00e8re, la ruche ou m\u00eame le corps humain. Ne serait-ce que parce que ces analogies pr\u00e9supposent que nous soyons des fourmis, des abeilles ou des vaisseaux sanguins\u2026 Nos villes doivent \u00eatre vivantes et invisibles (au sens de Calvino), optimis\u00e9es et po\u00e9tiques. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 il en va de notre survie, de l\u2019autre de notre humanit\u00e9. La po\u00e9tique des villes Voiture stylis\u00e9e sur un parking \u00e0 S\u00e9oul Spectacle musicale dans les rues de San Francisco Street Art \u00e0 Montr\u00e9al<\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":6744,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[168],"tags":[],"class_list":["post-6717","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-villes"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6717","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6717"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6717\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6746,"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6717\/revisions\/6746"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6744"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6717"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6717"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6717"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}