{"id":9290,"date":"2022-01-19T15:54:43","date_gmt":"2022-01-19T15:54:43","guid":{"rendered":"https:\/\/urbanai.fr\/?p=9290"},"modified":"2022-01-20T15:36:52","modified_gmt":"2022-01-20T15:36:52","slug":"la-ville-surveillancielle-et-au-dela-elements-de-reflexion-sur-la-visibilite-urbaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/la-ville-surveillancielle-et-au-dela-elements-de-reflexion-sur-la-visibilite-urbaine\/","title":{"rendered":"La ville surveillancielle et au-del\u00e0 : \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9flexion sur la visibilit\u00e9 urbaine"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/images.theconversation.com\/files\/337412\/original\/file-20200525-106848-1hizm5m.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;rect=8%2C94%2C5734%2C3733&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=926&amp;fit=clip\" alt=\"\" width=\"926\" height=\"603\" \/><\/p>\n<p><em>Olivier A\u00efm, Contributeur chez Urban AI, est ma\u00eetre de conf\u00e9rences en Sciences de l\u2019information et de la communication au Celsa (Sorbonne-Universit\u00e9). Ses recherches portent sur l\u2019histoire et la philosophie de la communication, la th\u00e9orie des m\u00e9dias et des formes culturelles. Il est notamment l&rsquo;auteur de Les Th\u00e9ories de la Surveillance, du Panoptique aux Surveillances Studies.<\/em><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Comme toutes les notions qui cherchent \u00e0 embrasser un ensemble de mutations techniques et de \u00ab\u00a0sauts technologiques\u00a0\u00bb (Michel Foucault), la \u00ab\u00a0ville num\u00e9rique\u00a0\u00bb s&rsquo;inscrit dans une histoire irr\u00e9ductible au seul moment de sa proclamation. \u00ab\u00a0Ville connect\u00e9e\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0ville s\u00fbre\u00a0\u00bb (<\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">safe city<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">), \u00ab\u00a0ville intelligente\u00a0\u00bb (<\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">smart city<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">) sont les formulations r\u00e9centes d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;urbanisation qui s&rsquo;amorce d\u00e8s le XVIIIe<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">\u00a0si\u00e8cle et qui n&rsquo;a fait que s&rsquo;intensifier avec le temps. Or, l&rsquo;urbanisation est elle-m\u00eame un processus qui engage, depuis l&rsquo;origine de ses r\u00e9flexivit\u00e9s, la question de l&rsquo;abstraction. Peut-\u00eatre m\u00eame que la ville est le lieu par excellence de la mise en miroir et en dialogue de ces deux formes d&rsquo;intelligence : celle des individus au sein de l&rsquo;espace public, d&rsquo;une part ; celle des donn\u00e9es qui y sont capt\u00e9es ou affich\u00e9es, d&rsquo;autre part.<\/span><\/p>\n<p><strong>L&rsquo;urbanisation comme processus d&rsquo;abstraction<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">En tant que repr\u00e9sentant de la philosophie de la Modernit\u00e9<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">, Georg Simmel [1] est le premier, d\u00e8s la fin du XIXe<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">\u00a0si\u00e8cle, \u00e0 identifier l&rsquo;\u00e9volution \u00ab\u00a0sensorielle\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0intellectuelle\u00a0\u00bb de l&rsquo;exp\u00e9rience urbaine : parce qu&rsquo;elle proc\u00e8de avant tout d&rsquo;une multiplication des \u00ab\u00a0stimulations\u00a0\u00bb nerveuses et informationnelles, la \u00ab\u00a0vie de l&rsquo;esprit dans la grande ville\u00a0\u00bb se manifeste par une mont\u00e9e en puissance du repli sur soi \u00e0 la faveur de toutes sortes d&rsquo;op\u00e9rations mentales essentiellement li\u00e9es au calcul. L&rsquo;\u00e9volution des appareils et des machines, autrement dit des \u00ab\u00a0technologies intellectuelles\u00a0\u00bb (Jack Goody), n&rsquo;a eu de cesse d&rsquo;amplifier et d&rsquo;externaliser ce mouvement. Bien entendu, l<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">&lsquo;\u00e9volution des m\u00e9dias fait que l&rsquo;<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">externalisation en jeu s&rsquo;op\u00e8re de plus en plus sous la forme d&rsquo;interfaces : non seulement du c\u00f4t\u00e9 des individus habitant ou traversant les villes, du fait qu&rsquo;ils sont toujours plus \u00e9quip\u00e9s d&rsquo;outils de lecture et de consultation de donn\u00e9es de toutes sortes (<\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">smart-technologies<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">). Mais aussi du c\u00f4t\u00e9 des espaces urbains, espaces s\u00e9miotiques eux-m\u00eames dot\u00e9s de capteurs, d&rsquo;\u00e9crans de contr\u00f4le et d&rsquo;espaces d&rsquo;affichage. Sans compter que l&rsquo;\u00e9mergence des m\u00e9tropoles est indissociable de celle des m\u00e9dias de masse : publicit\u00e9, presse, cin\u00e9ma, etc.<\/span> <span style=\"font-weight: 400;\">Dans tous les cas, la question vive est celle de l&rsquo;information. C&rsquo;est pourquoi la th\u00e9orie de la ville \u00ab\u00a0intelligente\u00a0\u00bb s&rsquo;inscrit plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans l&rsquo;histoire de ses dispositifs d&rsquo;\u00e9criture (la grammatisation), d&rsquo;information (la cybern\u00e9tique) et de calcul (l&rsquo;algorithmique).\u00a0<\/span><\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Ville panique\u00a0\u00bb, ville panoptique<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Dans ces conditions, il n&rsquo;est gu\u00e8re \u00e9tonnant qu&rsquo;une premi\u00e8re description de la ville se soit engag\u00e9e dans une approche en termes de conflictualit\u00e9 et de panique. La \u00ab\u00a0ville panique\u00a0\u00bb est, ainsi, une notion propos\u00e9e par le philosophe Paul Virilio d\u00e8s 1980 pour d\u00e9crire plusieurs ph\u00e9nom\u00e8nes convergents autour d&rsquo;une acc\u00e9l\u00e9ration de l&rsquo;urbanisation, selon lui, sans pr\u00e9c\u00e9dent. Elle d\u00e9signe la transformation massive et rapide des habitations (ensembles, immeubles, tours), des circulations et de leur contr\u00f4le, qui va de pair avec l&rsquo;informatisation des dispositifs de gouvernance. La \u00ab\u00a0ville panique\u00a0\u00bb de Virilio recoupement tr\u00e8s largement ce que l&rsquo;on pourrait d\u00e9nommer la \u00ab\u00a0ville panoptique\u00a0\u00bb. N&rsquo;oublions pas, du reste, que, chez Foucault [2]<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">, le panoptisme prend appui sur une th\u00e9orie de l&rsquo;urbanit\u00e9, au sens o\u00f9 la ville devient, selon lui, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque moderne, le r\u00e9ceptacle des \u00ab\u00a0&lsquo;urgences\u00a0\u00bb sur lesquelles les dispositifs de surveillance et de discipline doivent agir : \u00e0 savoir les menaces \u00e9pid\u00e9miques et s\u00e9curitaires. Pour Foucault, la r\u00e9ponse est de l&rsquo;ordre d&rsquo;une rationalit\u00e9 croissante, relative aux normes de circulation, aux proc\u00e9dures de quadrillage et aux mises en documents de la population. De ce point de vue, le panoptisme est l&rsquo;autre nom de la rationalisation de l&rsquo;espace urbain. Telle est \u00e9galement la lecture qu&rsquo;en donne Michel de Certeau lorsqu&rsquo;il observe l&rsquo;assimilation, au cours des ann\u00e9es 1970, du \u00ab\u00a0fait urbain\u00a0\u00bb \u00e0 un \u00ab\u00a0ratio <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">urbanistique<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">\u00ab\u00a0, soumis \u00e0 des op\u00e9rations \u00ab\u00a0\u00a0\u00bbsp\u00e9culatives\u00a0\u00bb et classificatrices\u00a0\u00bb, reposant elles-m\u00eames sur une logique sup\u00e9rieure de \u00ab\u00a0lisibilit\u00e9\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0totalisation\u00a0\u00bb de l&rsquo;espace public \u00e0 des fins de gestion et de domination [3].<\/span><\/p>\n<figure style=\"width: 900px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/geoconfluences.ens-lyon.fr\/images\/glossaire\/presidio-modelo2.jpg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"600\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\">Le Presidio Modelo \u00e0 Cuba, photographie de Friman, sous licence GNU et CC<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>De l&rsquo;ubiveillance \u00e0 l&rsquo;urbiveillance ?<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Au c\u0153ur du projet \u00e9pist\u00e9mologique des <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Surveillance Studies <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">qui se structurent au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, il est tout \u00e0 fait logique que l&rsquo;on retrouve alors la question urbaine. Notamment parce qu&rsquo;elle cristallise de mani\u00e8re concr\u00e8te et empirique toute une s\u00e9rie de ph\u00e9nom\u00e8nes qui rendent visibles les enjeux s\u00e9curitaires et surveillanciels : \u00e0 commencer par l&rsquo;installation de dispositifs de t\u00e9l\u00e9surveillance au sein des espaces publics, des espaces urbains et des espaces marchands. Une dialectique fondamentale appara\u00eet pour les chercheurs : la ville capte les visibilit\u00e9s, tout en posant la double question de la propre visibilit\u00e9 de ses dispositifs de surveillance (\u00e0 des fins de dissuasion) et de leur invisibilisation progressive (\u00e0 des fins d&rsquo;efficacit\u00e9). Ce faisant, c&rsquo;est la notion m\u00eame de visibilit\u00e9 qui change de visage, si l&rsquo;on peut dire. Ainsi que l&rsquo;\u00e9crit en 2002 Gary T. Marx<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">, [4] l&rsquo;un des fondateurs des <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Surveillance Studies<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, la visibilit\u00e9 n&rsquo;est plus seulement de l&rsquo;ordre de la \u00ab\u00a0visualit\u00e9\u00a0\u00bb, mais entre dans un champ sensoriel \u00e9largi et lui-m\u00eame \u00e9volutif : celui des donn\u00e9es, de natures extr\u00eamement vari\u00e9es. On entre ainsi dans le cadre de la \u00ab\u00a0nouvelle surveillance\u00a0\u00bb souvent assimil\u00e9e \u00e0 la \u00ab\u00a0dataveillance\u00a0\u00bb ou \u00e0 l'\u00a0\u00bbubiveillance\u00a0\u00bb en lien avec l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;informatique de plus en plus con\u00e7ue comme \u00ab\u00a0ubiquitaire\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0ambiante\u00a0\u00bb[5]<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Les \u00e9volutions num\u00e9riques et algorithmiques creusent cette dialectique. Il n&rsquo;est que de penser \u00e0 la question br\u00fblante de la reconnaissance faciale qui fait appara\u00eetre les nouveaux enjeux de l&rsquo;asym\u00e9trie de la perception des visages, renforc\u00e9e par la nature \u00e0 la fois visuelle et non visuelle de leur lecture. Sans parler des cam\u00e9ras thermiques qui codent encore diff\u00e9remment les op\u00e9rations de d\u00e9tection et de visualisation des corps. De mani\u00e8re significative, les cam\u00e9ras combinent d\u00e9sormais un triple enjeu de surveillance : l&rsquo;enregistrement d&rsquo;images, la capture de donn\u00e9es, le calcul de profils.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><strong>La visibilit\u00e9 comme pragmatique<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Tant\u00f4t concr\u00e8te, tant\u00f4t abstraite, la visibilit\u00e9 est donc plus que jamais centrale et rel\u00e8ve de ce qu&rsquo;il convient d&rsquo;appeler une \u00ab\u00a0pragmatique\u00a0\u00bb[6]<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> et non plus seulement une \u00ab\u00a0\u00e9conomie\u00a0\u00bb. Face \u00e0 l\u2019emprise r\u00e9elle ou fantasm\u00e9e de la \u00ab\u00a0gouvernementalit\u00e9 algorithmique\u00a0\u00bb, les individus entrent dans des logiques de d\u00e9fiance et de d\u00e9tournement qui consistent \u00e0 se rendre invisibles, ind\u00e9tectables ou \u00ab\u00a0furtifs\u00a0\u00bb. Dans le cas de la reconnaissance faciale, le corps et le visage sont appel\u00e9s \u00e0 devenir ainsi le si\u00e8ge de nouvelles performances au sein m\u00eame de l&rsquo;espace urbain par le v\u00eatement, le maquillage, la coiffure ou tout autre vecteur d'\u00a0\u00bbobfuscation<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">\u00a0\u00bb [7]. C&rsquo;est la revanche de la \u00ab\u00a0contre-visualit\u00e9\u00a0\u00bb (Nicholas Mirzoeff) la plus physique sur la toute-visibilit\u00e9 num\u00e9rique ! Si bien que les \u00ab\u00a0tactiques\u00a0\u00bb des individus produisent des formes inattendues d&rsquo;expression et d&rsquo;esth\u00e9tisation (citons par exemple le cas du collectif anglais <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">The Dazzled Club<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">).<\/span><\/p>\n<figure style=\"width: 830px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/img.20mn.fr\/8yorwXafRLeFWCSfagQ9HA\/830x532_trois-membres-collectif-anti-surveillance-the-dazzle-club.jpg\" alt=\"Le maquillage \u00ab camouflage \u00bb devient une arme anti-surveillance \u00e0 Londres\" width=\"830\" height=\"532\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\">Trois membres du collectif anti-surveillance \u00ab The Dazzle Club \u00bb \u2014 \u00a9 The Dazzle Club &#8211; photo : Cocoa Laney<\/figcaption><\/figure>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Au fond, ces premiers \u00e9l\u00e9ments nous rappellent que toute pragmatique est aussi une po\u00e9tique et une \u00e9thique. En ce sens, la question de la visibilit\u00e9 demeure l&rsquo;entr\u00e9e th\u00e9orique et empirique principale pour concevoir une nouvelle \u00ab\u00a0po\u00e9tique de la ville\u00a0\u00bb au sens que donne l&rsquo;anthropologie (celle de Michel de Certeau ou de Pierre Sansot) \u00e0 ce programme : celui des d\u00e9rives ou \u00ab\u00a0des mouvements contradictoires qui se compensent et se combinent hors du pouvoir panoptique\u00a0\u00bb. Soit tout un art du \u00ab\u00a0braconnage\u00a0\u00bb que Michel de Certeau place sous le signe de Kandinsky, qui \u00e9non\u00e7ait qu'\u00a0\u00bbune grande ville [doit \u00eatre] b\u00e2tie selon toutes les r\u00e8gles de l&rsquo;architecture et soudain secou\u00e9e par une force qui d\u00e9fie les calculs.\u00a0\u00bb<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> [8].<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">En cela, la le\u00e7on historique de ces nouvelles formes de l&rsquo;intelligence en milieu urbain est que l&rsquo;utopie de la ville num\u00e9rique n&rsquo;est pas uniquement \u00e0 chercher dans une \u00ab\u00a0autre spatialit\u00e9\u00a0\u00bb. Elle doit engager un usage <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">autre<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> des donn\u00e9es et des \u00ab\u00a0captures\u00a0\u00bb, qui ne ressortissent pas seulement \u00e0 une logique descendante de contr\u00f4le ou de \u00ab\u00a0captation de l&rsquo;attention\u00a0\u00bb. On peut citer alors les propositions heuristiques d&rsquo;Yves Citton autour de la notion d'\u00a0\u00bb\u00e9cologie de l&rsquo;attention\u00a0\u00bb et de \u00ab technologie de l\u2019enchantement \u00bb [9]<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">. Il ne s&rsquo;agit pas de rejeter dans un mouvement de panique technologique les potentialit\u00e9s des nouveaux outils, mais de refuser qu&rsquo;ils ne nous \u00ab\u00a0envo\u00fbtent\u00a0\u00bb que sous la forme de l&rsquo;injonction, de l&rsquo;alerte, de la mobilisation (Maurizio Ferraris). Il s\u2019agit ainsi d&rsquo;envisager l\u2019intelligence artificielle et algorithmique dans la capacit\u00e9 qu\u2019ils offrent de r\u00e9organiser et de r\u00e9armer nos exp\u00e9riences et nos sensorialit\u00e9s : l&rsquo;invitation plut\u00f4t que la commination, le <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">ka\u00efros<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> plut\u00f4t que l&rsquo;opportunisme, la \u00ab\u00a0<\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">xenitia<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">\u00a0\u00bb (Barthes) plut\u00f4t que la \u00ab\u00a0disparition de la disparition\u00a0\u00bb [10]<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">, des \u00ab\u00a0lignes de fuite\u00a0\u00bb plut\u00f4t que des \u00ab\u00a0machines de capture\u00a0\u00bb (Deleuze).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">C&rsquo;est bien entendu un immense d\u00e9fi qui se pr\u00e9sente \u00e0 nous, ou plut\u00f4t qui se r\u00e9v\u00e8le maintenant dans toute sa puissance. Un d\u00e9fi qui rejoint d&rsquo;autres questions d\u00e9j\u00e0 bien identifi\u00e9es dans leur ambivalence panique : la transparence, l&rsquo;ouverture, la participation. Un d\u00e9fi, enfin, qui n\u00e9cessite pour \u00eatre relev\u00e9 de passer par une remat\u00e9rialisation des flux de donn\u00e9es. Pour reprendre les termes de Simmel, la vie de l&rsquo;esprit dans la grande ville num\u00e9rique doit d\u00e9passer le visible comme conflit pour r\u00e9investir le sensible comme partage.<\/span><\/p>\n<p><em>Par Olivier A\u00efm<\/em><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">[1] : Georg Simmel, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Les grandes villes et la vie de l&rsquo;esprit<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, Payot, 2013 [1903]\u00a0<\/span><\/p>\n[2] :<span style=\"font-weight: 400;\">Michel Foucault, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Surveiller et punir<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, Gallimard, 1975<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[3] : <span style=\"font-weight: 400;\">Michel de Certeau, \u00ab\u00a0Pratiques d&rsquo;espaces. La ville m\u00e9taphorique\u00a0\u00bb, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Traverses<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, n\u00b09, 1976<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[4] : <span style=\"font-weight: 400;\">Gary T. Marx, \u00ab\u00a0<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">What\u2019s New About the \u201cNew Surveillance\u201d? Classifying for Change and Continuity\u00a0\u00bb, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Surveillance &amp; Society<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, Vol 1 n\u00b01, 2002<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[5] : <span style=\"font-weight: 400;\">Mark Weiser, \u00ab The Computer for the 21st Century \u00bb, 1991<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[6] : <span style=\"font-weight: 400;\">Olivier A\u00efm, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Les Th\u00e9ories de la surveillance. Du panoptique aux Surveillance Studies<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, Armand Colin, 2020<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[7] : <span style=\"font-weight: 400;\">Helen Nissenbaum\u00a0 et Finn Brunton, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Obfuscation<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, C&amp;F Editions,2019<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[8] :<i><span style=\"font-weight: 400;\">Du spirituel dans l&rsquo;art<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, 1969<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[9] : <span style=\"font-weight: 400;\">Yves Citton, \u00ab\u00a0Techniques de r\u00e9sistance aux soci\u00e9t\u00e9s de contr\u00f4le\u00a0: l\u2019anti-gestion selon Roland Barthes\u00a0\u00bb, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">in Technologies de contr\u00f4le dans la mondialisation : enjeux politiques, \u00e9thiques et esth\u00e9tiques<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, Kim\u00e9, 2009<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[10] : <span style=\"font-weight: 400;\">En proposant le concept d\u00e9cisif d'\u00a0\u00bbagencement surveillanciel\u00a0\u00bb, les deux sociologues et juristes Haggerty et Ericson sous-titrent leur article ainsi nomm\u00e9 de l&rsquo;expression \u00ab\u00a0la disparition de la disparition\u00a0\u00bb. Il s&rsquo;agit bien entendu d&rsquo;entendre cette formule comme une menace que les nouvelles capacit\u00e9s de capture des donn\u00e9es font peser sur l&rsquo;exp\u00e9rience urbaine en tant que libert\u00e9 de passer, de fl\u00e2ner et m\u00eame de se perdre.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Olivier A\u00efm, Contributeur chez Urban AI, est ma\u00eetre de conf\u00e9rences en Sciences de l\u2019information et de la communication au Celsa (Sorbonne-Universit\u00e9). Ses recherches portent sur l\u2019histoire et la philosophie de la communication, la th\u00e9orie des m\u00e9dias et des formes culturelles. Il est notamment l&rsquo;auteur de Les Th\u00e9ories de la Surveillance, du Panoptique aux Surveillances Studies. Comme toutes les notions qui cherchent \u00e0 embrasser un ensemble de mutations techniques et de \u00ab\u00a0sauts technologiques\u00a0\u00bb (Michel Foucault), la \u00ab\u00a0ville num\u00e9rique\u00a0\u00bb s&rsquo;inscrit dans une histoire irr\u00e9ductible au seul moment de sa proclamation. \u00ab\u00a0Ville connect\u00e9e\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0ville s\u00fbre\u00a0\u00bb (safe city), \u00ab\u00a0ville intelligente\u00a0\u00bb (smart city) sont les formulations r\u00e9centes d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;urbanisation qui s&rsquo;amorce d\u00e8s le XVIIIe\u00a0si\u00e8cle et qui n&rsquo;a fait que s&rsquo;intensifier avec le temps. Or, l&rsquo;urbanisation est elle-m\u00eame un processus qui engage, depuis l&rsquo;origine de ses r\u00e9flexivit\u00e9s, la question de l&rsquo;abstraction. Peut-\u00eatre m\u00eame que la ville est le lieu par excellence de la mise en miroir et en dialogue de ces deux formes d&rsquo;intelligence : celle des individus au sein de l&rsquo;espace public, d&rsquo;une part ; celle des donn\u00e9es qui y sont capt\u00e9es ou affich\u00e9es, d&rsquo;autre part. L&rsquo;urbanisation comme processus d&rsquo;abstraction En tant que repr\u00e9sentant de la philosophie de la Modernit\u00e9, Georg Simmel [1] est le premier, d\u00e8s la fin du XIXe\u00a0si\u00e8cle, \u00e0 identifier l&rsquo;\u00e9volution \u00ab\u00a0sensorielle\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0intellectuelle\u00a0\u00bb de l&rsquo;exp\u00e9rience urbaine : parce qu&rsquo;elle proc\u00e8de avant tout d&rsquo;une multiplication des \u00ab\u00a0stimulations\u00a0\u00bb nerveuses et informationnelles, la \u00ab\u00a0vie de l&rsquo;esprit dans la grande ville\u00a0\u00bb se manifeste par une mont\u00e9e en puissance du repli sur soi \u00e0 la faveur de toutes sortes d&rsquo;op\u00e9rations mentales essentiellement li\u00e9es au calcul. L&rsquo;\u00e9volution des appareils et des machines, autrement dit des \u00ab\u00a0technologies intellectuelles\u00a0\u00bb (Jack Goody), n&rsquo;a eu de cesse d&rsquo;amplifier et d&rsquo;externaliser ce mouvement. Bien entendu, l&lsquo;\u00e9volution des m\u00e9dias fait que l&rsquo;externalisation en jeu s&rsquo;op\u00e8re de plus en plus sous la forme d&rsquo;interfaces : non seulement du c\u00f4t\u00e9 des individus habitant ou traversant les villes, du fait qu&rsquo;ils sont toujours plus \u00e9quip\u00e9s d&rsquo;outils de lecture et de consultation de donn\u00e9es de toutes sortes (smart-technologies). Mais aussi du c\u00f4t\u00e9 des espaces urbains, espaces s\u00e9miotiques eux-m\u00eames dot\u00e9s de capteurs, d&rsquo;\u00e9crans de contr\u00f4le et d&rsquo;espaces d&rsquo;affichage. Sans compter que l&rsquo;\u00e9mergence des m\u00e9tropoles est indissociable de celle des m\u00e9dias de masse : publicit\u00e9, presse, cin\u00e9ma, etc. Dans tous les cas, la question vive est celle de l&rsquo;information. C&rsquo;est pourquoi la th\u00e9orie de la ville \u00ab\u00a0intelligente\u00a0\u00bb s&rsquo;inscrit plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans l&rsquo;histoire de ses dispositifs d&rsquo;\u00e9criture (la grammatisation), d&rsquo;information (la cybern\u00e9tique) et de calcul (l&rsquo;algorithmique).\u00a0 \u00ab\u00a0Ville panique\u00a0\u00bb, ville panoptique Dans ces conditions, il n&rsquo;est gu\u00e8re \u00e9tonnant qu&rsquo;une premi\u00e8re description de la ville se soit engag\u00e9e dans une approche en termes de conflictualit\u00e9 et de panique. La \u00ab\u00a0ville panique\u00a0\u00bb est, ainsi, une notion propos\u00e9e par le philosophe Paul Virilio d\u00e8s 1980 pour d\u00e9crire plusieurs ph\u00e9nom\u00e8nes convergents autour d&rsquo;une acc\u00e9l\u00e9ration de l&rsquo;urbanisation, selon lui, sans pr\u00e9c\u00e9dent. Elle d\u00e9signe la transformation massive et rapide des habitations (ensembles, immeubles, tours), des circulations et de leur contr\u00f4le, qui va de pair avec l&rsquo;informatisation des dispositifs de gouvernance. La \u00ab\u00a0ville panique\u00a0\u00bb de Virilio recoupement tr\u00e8s largement ce que l&rsquo;on pourrait d\u00e9nommer la \u00ab\u00a0ville panoptique\u00a0\u00bb. N&rsquo;oublions pas, du reste, que, chez Foucault [2], le panoptisme prend appui sur une th\u00e9orie de l&rsquo;urbanit\u00e9, au sens o\u00f9 la ville devient, selon lui, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque moderne, le r\u00e9ceptacle des \u00ab\u00a0&lsquo;urgences\u00a0\u00bb sur lesquelles les dispositifs de surveillance et de discipline doivent agir : \u00e0 savoir les menaces \u00e9pid\u00e9miques et s\u00e9curitaires. Pour Foucault, la r\u00e9ponse est de l&rsquo;ordre d&rsquo;une rationalit\u00e9 croissante, relative aux normes de circulation, aux proc\u00e9dures de quadrillage et aux mises en documents de la population. De ce point de vue, le panoptisme est l&rsquo;autre nom de la rationalisation de l&rsquo;espace urbain. Telle est \u00e9galement la lecture qu&rsquo;en donne Michel de Certeau lorsqu&rsquo;il observe l&rsquo;assimilation, au cours des ann\u00e9es 1970, du \u00ab\u00a0fait urbain\u00a0\u00bb \u00e0 un \u00ab\u00a0ratio urbanistique\u00ab\u00a0, soumis \u00e0 des op\u00e9rations \u00ab\u00a0\u00a0\u00bbsp\u00e9culatives\u00a0\u00bb et classificatrices\u00a0\u00bb, reposant elles-m\u00eames sur une logique sup\u00e9rieure de \u00ab\u00a0lisibilit\u00e9\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0totalisation\u00a0\u00bb de l&rsquo;espace public \u00e0 des fins de gestion et de domination [3]. De l&rsquo;ubiveillance \u00e0 l&rsquo;urbiveillance ? Au c\u0153ur du projet \u00e9pist\u00e9mologique des Surveillance Studies qui se structurent au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, il est tout \u00e0 fait logique que l&rsquo;on retrouve alors la question urbaine. Notamment parce qu&rsquo;elle cristallise de mani\u00e8re concr\u00e8te et empirique toute une s\u00e9rie de ph\u00e9nom\u00e8nes qui rendent visibles les enjeux s\u00e9curitaires et surveillanciels : \u00e0 commencer par l&rsquo;installation de dispositifs de t\u00e9l\u00e9surveillance au sein des espaces publics, des espaces urbains et des espaces marchands. Une dialectique fondamentale appara\u00eet pour les chercheurs : la ville capte les visibilit\u00e9s, tout en posant la double question de la propre visibilit\u00e9 de ses dispositifs de surveillance (\u00e0 des fins de dissuasion) et de leur invisibilisation progressive (\u00e0 des fins d&rsquo;efficacit\u00e9). Ce faisant, c&rsquo;est la notion m\u00eame de visibilit\u00e9 qui change de visage, si l&rsquo;on peut dire. Ainsi que l&rsquo;\u00e9crit en 2002 Gary T. Marx, [4] l&rsquo;un des fondateurs des Surveillance Studies, la visibilit\u00e9 n&rsquo;est plus seulement de l&rsquo;ordre de la \u00ab\u00a0visualit\u00e9\u00a0\u00bb, mais entre dans un champ sensoriel \u00e9largi et lui-m\u00eame \u00e9volutif : celui des donn\u00e9es, de natures extr\u00eamement vari\u00e9es. On entre ainsi dans le cadre de la \u00ab\u00a0nouvelle surveillance\u00a0\u00bb souvent assimil\u00e9e \u00e0 la \u00ab\u00a0dataveillance\u00a0\u00bb ou \u00e0 l&rsquo;\u00a0\u00bbubiveillance\u00a0\u00bb en lien avec l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;informatique de plus en plus con\u00e7ue comme \u00ab\u00a0ubiquitaire\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0ambiante\u00a0\u00bb[5].\u00a0 Les \u00e9volutions num\u00e9riques et algorithmiques creusent cette dialectique. Il n&rsquo;est que de penser \u00e0 la question br\u00fblante de la reconnaissance faciale qui fait appara\u00eetre les nouveaux enjeux de l&rsquo;asym\u00e9trie de la perception des visages, renforc\u00e9e par la nature \u00e0 la fois visuelle et non visuelle de leur lecture. Sans parler des cam\u00e9ras thermiques qui codent encore diff\u00e9remment les op\u00e9rations de d\u00e9tection et de visualisation des corps. De mani\u00e8re significative, les cam\u00e9ras combinent d\u00e9sormais un triple enjeu de surveillance : l&rsquo;enregistrement d&rsquo;images, la capture de donn\u00e9es, le calcul de profils.\u00a0 La visibilit\u00e9 comme pragmatique Tant\u00f4t concr\u00e8te, tant\u00f4t abstraite, la visibilit\u00e9 est donc plus que jamais centrale et rel\u00e8ve de ce qu&rsquo;il convient d&rsquo;appeler une \u00ab\u00a0pragmatique\u00a0\u00bb[6] et non plus seulement une \u00ab\u00a0\u00e9conomie\u00a0\u00bb. Face \u00e0 l\u2019emprise r\u00e9elle ou fantasm\u00e9e de la \u00ab\u00a0gouvernementalit\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":9291,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[161],"tags":[],"class_list":["post-9290","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-gouvernance-des-donnees"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9290","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9290"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9290\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9305,"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9290\/revisions\/9305"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9291"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9290"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9290"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/urbanai.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9290"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}